Une dose d’Epic une dépendance publique

Le 22 septembre 2026, le Grand Conseil vaudois a approuvé le financement d’Epic pour le CHUV et onze hôpitaux de la Fédération des hôpitaux vaudois. Pour le parti HTTPS, anciennement Parti Pirate Vaudois, ce choix heurte nos valeurs fondamentales : transparence, souveraineté numérique, protection de la vie privée et partage des connaissances. Argent public, code…

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Le 22 septembre 2026, le Grand Conseil vaudois a approuvé le financement d’Epic pour le CHUV et onze hôpitaux de la Fédération des hôpitaux vaudois.

Pour le parti HTTPS, anciennement Parti Pirate Vaudois, ce choix heurte nos valeurs fondamentales : transparence, souveraineté numérique, protection de la vie privée et partage des connaissances.

Argent public, code public

Dès octobre 2024, dans « Epic fail au CHUV ? », nous alertions sur les risques des licences propriétaires et la perte de maîtrise de nos outils.

Notre principe reste inchangé : Public Money, Public Code — l’argent public doit produire du code public.

Cette exigence trouve déjà une traduction dans le droit fédéral. L’article 9 de la LMETA impose aux autorités fédérales concernées de publier le code source des logiciels qu’elles développent ou font développer et d’en permettre l’utilisation, la modification et le partage sans redevances de licence.

Le canton de Genève avance dans la même direction. Le 28 septembre 2026, il a annoncé être le premier canton suisse à signer les Principes des Nations Unies pour l’open source. Il inscrit ainsi le partage et la réutilisation des logiciels publics dans une démarche de souveraineté numérique et de mutualisation des compétences.

Ces engagements montrent qu’une autre orientation est possible. Le canton de Vaud devrait lui aussi faire de ses investissements numériques un moyen de renforcer notre autonomie.

Investir dans nos compétences

Notre opposition au choix d’Epic est totale. Le projet représente 207,6 millions de francs, auxquels s’ajoutent environ 23 millions de francs par an pour la maintenance.

De tels moyens devraient renforcer les compétences publiques et financer des solutions partagées entre hôpitaux. Le choix retenu nous engage dans une dépendance durable envers un fournisseur propriétaire américain.

Avec des logiciels libres, les établissements peuvent partager leurs développements, faire vérifier le code et confier leur évolution à différents prestataires. L’investissement public constitue alors un patrimoine commun, que les collectivités peuvent entretenir et améliorer dans la durée.

L’urgence ne justifie pas la dépendance

Le système actuel doit être remplacé. Les équipes soignantes ont besoin d’outils performants, fiables et adaptés à leur travail. Mais l’urgence ne justifie pas de sacrifier notre autonomie pour les décennies à venir.

La souveraineté numérique ne se limite pas à héberger les données en Suisse. Elle exige de pouvoir comprendre, contrôler et faire évoluer nos systèmes, ainsi que de conserver la capacité de changer de prestataire.

Les garanties contractuelles doivent être vérifiées dans la durée. Cela demande des compétences techniques solides en interne, des moyens de contrôle et une maîtrise réelle des outils utilisés.

Protéger le secret médical et la confiance

Dans un hôpital, cette maîtrise est essentielle pour protéger le secret médical et préserver la confiance entre patients et soignants. Nos informations les plus sensibles méritent des garanties durables et vérifiables.

L’ouverture du code permet son examen indépendant. Elle doit s’accompagner d’une gestion rigoureuse de la sécurité et de la protection des données. Publier le code d’un logiciel ne signifie évidemment pas publier les données des patients.

Ces enjeux sont aussi développés dans « Malbouffe numérique au CHUV », un article d’Emmanuelle Germond, membre active de notre parti, disponible en texte et en podcast.

Un référendum a besoin de vous

La population vaudoise doit pouvoir se prononcer sur cet investissement et sur l’avenir numérique de ses hôpitaux.

Mais le parti HTTPS n’a pas, à lui seul, les moyens humains et financiers de lancer et de mener un référendum. Nous avons besoin de soutien.

Nous appelons les partis, les associations, les professionnels de la santé et du numérique à nous rejoindre. Cet appel s’adresse aussi à toutes les citoyennes et tous les citoyens concernés par l’avenir numérique de notre canton.

Constituons ensemble un comité référendaire. Réunissons les forces nécessaires pour récolter les signatures et financer la campagne.

Vous pouvez apporter du temps, des compétences, un réseau ou un soutien financier ? Contactez-nous : info@https-vd.ch.